« Manifeste pour la saisonnalité », Véronique Chapacou

Manger « de saison », ce n'est pas seulement indispensable à notre santé. C'est aussi une arme redoutable contre la standardisation et la culture hors sol que la société capitaliste génère. Véronique Chapacou l'explique très clairement dans ce court ouvrage de 24 pages. A dévorer.

L'éditeur de Véronique Chapacou la présente ainsi : « une gourmande du Sud Ouest », «  férue de cuisine depuis son plus jeune âge, auteur culinaire depuis une douzaine d'années, et militante du « manger bon et manger bien » depuis toujours » (1). Elle est en effet habituée à rédiger des ouvrages de recettes de confits, menthe, safran, ortie… dans la collection « Les dix façons de le préparer » des Editions l'Epure.

Cette fois, c'est un texte engagé qu'elle publie (toujours chez la même maison d'édition). Elle y dénonce les effets néfastes de l'agro-industrie sur notre alimentation et, par voie de conséquence, sur notre environnement. « Nous avons perdu le cours des saisons, l’agro-industrie s’est engouffrée dans cette faille et nous a offert la possibilité de tout, toute l’année », écrit-elle.
Grâce à des techniques longtemps présentées comme progressistes, les industriels font pousser des tomates en permanence (serres chauffées), font produire du lait aux chèvres en hiver (lumières artificielles et hormones)… et exportent de l'autre bout de la planète ce qui ne peut pas pousser malgré tout : cerises chiliennes, haricots verts kenyans, raisin péruvien...

Comme le rappelle Véronique Chapacou, l'intérêt de porter à nouveau attention aux saisons est double. Les aliments ont plus de goût, de vitamines, de minéraux et d’oligo-éléments. « Rien n’est dû au hasard si l’été nous donne des fruits et des légumes gorgés d’eau, rafraîchissants… et l’hiver, des fruits et légumes plus roboratifs, contenant des sucres lents, plus de vitamines et de minéraux. »
Le changement de comportements qu'elle appelle est aussi un instrument de lutte contre une alimentation standardisée et polluante. En soutenant les circuits courts et donc, les producteur·ices locaux·les, nous limitons les émissions de gaz à effet de serre et réduisons notre dépendance à l'agro-industrie.
Nous résistons, en somme.

(1) Editions de l'Epure : https://www.epure-editions.com/collection-hors-collection/manifeste-pour-la-saisonnalite-225-3.html