« Un beau frère », Hector Malot

Hector Malot est resté dans la mémoire collective pour son œuvre « Sans famille » qui raconte l'histoire d'un enfant abandonné, Rémi. Il écrivit en fait une soixantaine d'ouvrages parmi lesquels « Un beau frère », qui traite de l'internement forcé.

Paru en 1869 chez P.J. Hetzel (1), « Un beau frère » est l'histoire d'un jeune noble, le vicomte Cénéri d'Eturquai, dépossédé de ses biens et envoyé dans un asile d'aliénés par son beau-frère, pour éviter que son fils naturel hérite de ses biens. Le roman dénonce la loi du 30 juin 1838 dite « loi des aliénés » promulguée durant le Second Empire, sous Louis-Philippe. Dans un texte décrivant la genèse de son projet (1), Hector Malot souligne que cette loi « a précisément pour but d’empêcher que les gens sains d’esprit puissent être séquestrés comme fous ; ce qui, avant 1838, devait se produire assez souvent sans doute, puisqu’on a été obligé de faire une loi spéciale, avec toutes sortes de dispositions, qui à la lecture, semblent reposer sur la fantaisie tant les faits qu’elles visent paraissent invraisemblables, pour prévenir et punir ces séquestrations ». Ce qui inspira l'auteur ? « Peu d’années après le vote de cette loi, il se passa dans notre entourage un de ces faits qui, précisément, prouvait avec quelle facilité des gens habiles pouvaient l’escamoter. »
Ainsi, Hector Malot était un journaliste et romancier engagé. Né en 1830 près de Rouen, il mourut en 1907 à Fontenay-sous-Bois. Son enfance près de la Seine lui donna le goût des voyages, son adolescence à la campagne celui de la nature. Il suivit des études de lettres et commença sa carrière à Paris en écrivant au « Journal pour tous », dans la rubrique consacrée à la botanique.
Il publia son premier roman « Les Amants » en 1859 et devint journaliste à « L'Opinion Nationale » où il rencontra le succès. C'est en 1878 que parut « Sans famille », son œuvre la plus célèbre.
Surnommé « Malot-la-Probité » par la journaliste Séverine (2), il était ami de Jules Vallès (3). Son dernier ouvrage, « Le Mousse », est dédié à sa petite fille Perrine. Il s'agit de l'histoire de Michelle, une jeune anglaise sauvée d'un naufrage par un pêcheur. Elle travaille comme mousse, jusqu'au jour où on découvre ses origines… En accord avec l'éditeur, cet ouvrage a été publié à titre posthume… mais en 1997, à l’initiative de l'association des Amis d’Hector Malot, dont le site Internet est une précieuse source d'informations sur les œuvres et les thèmes chers à Hector Malot.

Plus de renseignements sur https://www.amis-hectormalot.fr

(1) Réédité en 2011 par Hachette.
(2) https://www.amis-hectormalot.fr/bibliographie/%C5%93uvre/1859-1871/ Chapitre 6. Un beau frère, rubrique « Genèse du projet ».
(3) Caroline Rémy, dite « Séverine » (1855-1929) : journaliste amie de Jules Vallès qui écrivit notamment pour le journal « Le Cri du Peuple », mais aussi « La Fronde » (premier journal féministe entièrement réalisé par des femmes).
(4) Jules Vallès (1832-1885) : journaliste homme de lettres et politique.