« La Communauté [entretiens] », Tanquerelle et Yann Benoît

Il y a cinquante ans, Mai 68… et alors ? Qu'en ont fait les protagonistes ? Certain.es ont choisi de rompre avec leurs formes de vie pour en créer une différente : la communauté. Yann Benoît, l'un des fondateurs de la marque de jouets « Moulin-Roty », raconte celle qu'il a vécue, sous la plume du bédéiste Hervé Tanquerelle.

Février 1972. Une vingtaine d'ami.es décident d'acquérir une ancienne minoterie et trois hectares de terre situés en Loire-Atlantique, pour y concrétiser un projet de vie : une communauté. D'idées, de biens, de travail, de vie. C'est leur aventure que racontent Hervé Tanquerelle et Yann Benoît, dans la bande dessinée intitulée « La Communauté [entretiens] » parue chez Futuropolis.


La plupart de ces ami.es s'étaient rencontré.es sur les bancs de l'université de Nantes et avaient participé aux « événements » de Mai 68. Pas question de rentrer dans le rang après ça. Le groupe a voulu changer sa vie et changer le monde. Comment ? « Comme on n'était pas d'accord avec les systèmes politiques, il n'y avait qu'un moyen de changer les choses, c'était de montrer l'exemple », explique Yann Benoît, un des membres de cette communauté.
Le lecteur suit la restauration des bâtiments d'élevage et de stockage, la construction des maisons, l'installation de l'atelier de sérigraphie et de mécanique, la culture des champs… Il découvre l'organisation d'un groupe auto-géré, où les revenus et les dépenses sont mis en commun, où la hiérarchie et le sexisme n'ont pas leur place, où on privilégie la transmission des savoirs et le partage des tâches.
Si elle a souhaité s'auto-suffire un maximum, la communauté n'a jamais été refermée sur elle-même : en témoignent les anecdotes sur les relations avec les voisins agriculteurs ou encore les récits des enfants scolarisés au village. Et, dès 1974, la commercialisation de produits artisanaux sur des salons et dans une boutique à la minoterie. En 1975, apparaîtra la première petite voiture en bois, mousse et tissu qui lancera la marque « Moulin-Roty » (cependant jamais citée dans l'ouvrage).

Progressivement, des tensions sont nées, gangrenant le groupe : elles concernaient la répartition du travail, la destination de l'argent, les enfants ou encore le poids du tout collectif…

Bien loin des clichés sur les communautés de « baba-cool », cette bande dessinée dresse le portrait d'une expérience de vie à la fois sérieuse, joyeuse et douloureuse.

A la fin de l'ouvrage, on trouve des textes écrits par d'autres membres de la communauté, enfants ou adultes à l'époque, qui ont accepté de commenter l'ouvrage et de revenir sur cette période de leur vie.

Plus de renseignements sur http://www.futuropolis.fr/fiche_titre.php?id_article=790058 et http://www.moulinroty.com/fr/laventure/