« Les Vieux Fourneaux », Wilfrid Lupano et Paul Cauuet

C'est la bande dessinée la plus mordante et drôle que j'ai lue depuis longtemps ! La recette est imparable : des personnages aux caractères bien trempés, des dialogues à la manière d'Audiard, des sujets ancrés dans notre actualité et une mise en mouvement formidable. A dévorer !

Dans la série « Les Vieux Fourneaux » (éditions Dargaud) débutée en 2014, le lecteur suit les aventures d'Antoine, Emile et Pierrot : trois amis d'enfance, désormais septuagénaires. Si leurs vies ont pris des chemins parfois différents, ils n'en partagent pas moins un goût pour l'irrévérence, la provocation et une forte propension à se fourrer dans des situations improbables.

Dans le premier tome, « Ceux qui restent », ils se retrouvent à l'occasion de l'enterrement de la femme d'Antoine, Lucette. Des secrets révélés les mènent jusqu'en Toscane, conduits par la petite-fille d'Antoine, enceinte jusqu'au cou, marionnettiste du théâtre itinérant : « Le loup en slip » ! Le décor est posé...
Dans le quatrième tome, le dernier sorti intitulé « La Magicienne », la bande de vieillards se retrouve sur une ZAD (Zone A Défendre) montée pour éviter qu'un projet industriel ravage leur belle région du Sud-Ouest !
Et c'est bien tout cela à la fois, la bande dessinée « Les Vieux Fourneaux » : un voyage dans le temps lorsque les anciens se souviennent, des cabottineries qui font rire aux larmes et des cases teintées – sinon de politique – d'engagement.

Clin d'oeil personnel au personnage de Pierrot, anarchiste jusque dans la pointe de sa chevelure de fou : avec d'autres vieillards, il a créé un club anarchiste de « presqu'aveugles », « Ni yeux ni maîtres ». Leur objectif ? Mettre le bazar partout où ils le jugent nécessaire, notamment dans les meeting politiques de Droite, porter plainte et médiatiser l'affaire lorsqu'ils se font virer… Leur QG, l'île de la Tordue, située dans l'Archipel anarchiste de la mer de Paname – à Paris, quoi – est un immeuble bourgeois transformé en collectif qui pratique le « viajeune » : des vieux hébergent « des jeunes activites fauchés pour leur donner les moyens de faire chier le système dans de bonnes conditions ». Irrésistible...

Le cinquième tome est en préparation.
Et pour ceux qui préfèrent les images animées, rendez-vous le 22 août au cinéma, pour une adaptation par le réalisateur Christophe Duthuron, avec Pierre Richard, Eddy Mitchell et Roland Giraud. Nul doute que ce film attirera les foules, la bande dessinée ayant été vendue à plus d'un million d'exemplaires.

A noter enfin, le spin-off de la bande dessinée, pour les enfants : « Le loup en slip » (éditions Dargaud), toujours de Lupano et Cauuet, rejoints par la coloriste Mayana Itoïz.

Plus de renseignements : www.dargaud.com/bd/Vieux-fourneaux-Les/Le-Loup-en-slip